pour se remettre

des événements d’hier, des forces obscures qui veulent nous empêcher de profiter de la vie, et des types qui se font exploser au prétexte qu’ils n’arrivent pas à vivre correctement la leur. La solution : s’enfiler un verre en terrasse puis monter dans un avion, ou se mettre à plat ventre sur son tapis et ouvrir un bon bouquin.

en cas de gros besoin de réconfort

se tourner vers Les Dingodossiers. Des satires douces d’une époque révolue, mais un humour bon enfant resté intact de fraîcheur et de poésie. Et j’ai beau les relire régulièrement, les gags me font toujours rire. Les Dingodossiers restent sans conteste le meilleur de la complicité de Goscinny et Gotlib, qui ne se sont jamais aussi bien entendus pour amuser leurs lecteurs. Un vrai remède aux jours gris.

zombies et ninjas

Si on supporte l’idée de passer du temps dans la campagne anglaise avec des morts-vivants, se plonger dans Orgueil et préjugés et zombies, le pastiche du classique de Jane Austen par Seth Grahame-Smith. Le roman ajoute à la trame de l’original quelques armées de zombies ayant la particularité de surgir après la pluie, ainsi que la révélation d’une passion salutaire des soeurs Bennett pour les arts martiaux. Même si l’on n’est pas fan de ce genre d’histoires, l’ensemble est narré avec un tel humour qu’il est difficile de ne pas sortir du livre le sourire aux lèvres et avec une bonne humeur communicative – petite pensée pour mes collègues à qui je racontais impitoyablement chaque matin les gags qui venaient de me faire m’esclaffer dans les transports. Une comédie romantique « arrangée » qui prouve qu’un bon classique résiste à tout traitement quand il est effectué avec talent.

grands moyens

Et pour ceux un tantinet psychorigides sur l’orthographe (j’avoue, comme moi…), faire un tour sur le site Bescherelle ta mère, franchement irrésistible (ça peut prendre 20 posts, mais on finit toujours par rire aux éclats).

Et puis, si cela ne va toujours pas, prenez une part de gâteau au chocolat et installez-vous devant une vidéo de bébés pandas.

Liste des ouvrages :

  • les Dingodossiers, René Goscinny et Marcel Gotlib
  • Orgueil et préjugés et zombies, Jane Austen et Seth Grahame-Smith

y a-t-il une vie après le rock ?

C’est vrai, que deviennent les groupes que l’on a tant écoutés et adulés, sous le soleil tapant des festivals un gobelet de bière tiède à la main, en dansant et en hurlant comme une armée de ménades ? Parmi les mystères les plus insondables de l’humanité, figure celui de la disparition silencieuse de tous ces musiciens de génie à qui on avait pourtant juré une fidélité éternelle.

le succès rattrapé par la vie

Heureusement, Nick Hornby est là pour nous l’expliquer. Dans Juliet, Naked, Annie vit dans une petite ville de l’Angleterre avec Duncan, fan d’un chanteur retiré des circuits depuis plus de 20 ans et animateur d’un forum qui lui est consacré. Pourtant c’est Annie qui entrera en contact avec la gloire disparue et tissera avec elle des échanges de plus en plus personnels, à mesure que se dévoilent les désillusions de l’existence et que s’installent les stratégies destinées à s’accommoder des mauvais choix. Ou comment, pour les raisons les plus prosaïques, le succès finit souvent par se faire rattraper par la vie.

Plus je lis les romans de Hornby et plus j’aime cet auteur, qui trouve tranquillement sa place parmi les vrais classiques. Son écriture limpide sait exprimer en une phrase ce que d’autres mettent une page à dire, en moins bien. Et son propos, toujours éclairant sur nos vies intimes, s’assortit d’humour pour faire passer la pilule des vérités amères. En refermant Juliet Naked, on a l’impression d’avoir gagné en sagesse, notamment sur la force de résistance de la banalité de la vie, capable de mettre fin aux destins mythiques des groupes de rock.

la difficile position d’artiste

Autre destin, celui du guitariste déjà dans l’ombre à l’apogée de sa carrière (oui, ce gars plus vieux que les autres, à qui l’on demande de rester au fond de la scène, là où les projecteurs cessent d’éclairer correctement) et qui n’a pas trouvé d’engagement depuis plus d’une décennie, sans pour autant renoncer à ses valeurs de jeunesse. Le Don de Gabriel promène son anti-héros dans Londres, oscillant entre les losers alcooliques à son image et les doubles positifs de ceux qui ont réussi (dont une scène de retrouvailles avec Lester Jones, son ancien « patron », inspiré de David Bowie). Comme toujours, Hanif Kureishi nous déroule son récit avec beaucoup d’humour et un sens de la formule caustique ( « Elle ne voulait pas que Gabriel se retrouve en échec scolaire, de peur qu’il ne devienne artiste. ») mais livre également un beau roman sur la création et sur la position d’artiste dans le monde moderne.

A signaler enfin, l’autobiographie rock de Kim Gordon, ex-bassiste de Sonic Youth, parue l’année dernière, et qui a le mérite d’avoir été écrit par la musicienne en personne. J’avoue que l’ouvrage, dans sa version originale américaine, m’est tombé des mains – une construction trop dense à mon goût du récit, tant l’existence de la narratrice est indissociable de celle du groupe. Mais les traducteurs effectuant habituellement du travail remarquable, la version française mérite sans nul doute d’être découverte.

 

Liste des ouvrages :

  • Juliet, Naked, Nick Hornby
  • Le Don de Gabriel, Hanif Kureishi
  • Girl in a band, Kim Gordon

 

 

pour avoir chaud

parce que dehors, il neige depuis ce matin et que l’on a cherché en vain une pente au détour d’un trottoir pour y traîner sa luge. Contempler les flocons qui tourbillonnent derrière sa vitre c’est cool et ça détend, mais pour lutter contre les frissons qui finissent par survenir malgré tout, je ne connais rien de mieux qu’ouvrir un livre dont l’action se passe au soleil. Allez, presque au hasard, les aventures de Sookie Stackhouse, la serveuse télépathe qui a un gros faible pour les vampires ! Amis du rationnel, passez votre chemin, car on croise de tout dans la Louisiane de Charlaine Harris : vampires, loups-garous, panthères-garous, démons, sorcières, elfes… A vrai dire j’ai rarement rencontré de personnage aussi solaire que cette jeune femme à l’optimisme insubmersible (et Dieu sait qu’il lui en arrive des tuiles), dont le grand plaisir, entre deux péripéties, est de s’allonger sur une couverture derrière sa maison pour parfaire son bronzage. Loin d’être une idiote, Sookie incarne une héroïne pleine de bon sens, qui ne manque jamais d’humour pour tourner une situation à son avantage et saisit chaque occasion de profiter de la vie. Bonne nouvelle : la série compte une douzaine de volumes, de quoi passer amplement un long hiver.

Dans un registre plus classique, si l’on n’a pas lu Le Hussard sur le toit depuis longtemps, eh bien c’est le moment de le relire. La Provence de 1830 sous la canicule, une épidémie galopante de choléra et un jeune orgueilleux qui brave tous les dangers pour satisfaire à son propre code de l’honneur. Et surtout, un récit puissant capable de faire oublier tout le reste, notamment que l’on est en hiver pour encore un moment.

Moins de bravitude bravoure et plus d’images avec le petit monde d’Aya de Yopougon dans la Côte d’Ivoire des années 70. La sage Aya parcourt les rues ensoleillées de son quartier d’Abidjan pour rendre visite à ses copines beaucoup moins sages, qui vont danser la nuit dans les maquis surchauffés. Une bande dessinée dont le charme indéniable repose autant sur des personnages attachants que sur un dessin agréable.

Vous faites ce que vous voulez, mais le mieux est de s’y mettre maintenant car il va falloir se lever tôt demain matin pour aller pelleter la neige devant la maison. Bon courage !

Liste des ouvrages :

  • Quand le Danger rôde (La Communauté du Sud – 1), Charlaine Harris
  • Le Hussard sur le toit, Jean Giono
  • Aya de Yopougon, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

à lire « quand le ciel bas et lourd…

(…pèse comme un couvercle » –  et qu’on ne peut s’empêcher de penser à Baudelaire.) Donc, nous sommes au début de l’année, un long hiver s’étend encore devant nous et aujourd’hui il fait particulièrement moche. C’est l’occasion de se plonger dans l’éternel été des souvenirs d’enfance de Colette. La Maison de Claudine nous ramène à l’époque radieuse des goûters d’enfants, des après-midi gorgés de rires et de fruits dévorés dans le verger où, contents et repus, on s’endort d’un coup à l’ombre des arbres. C’est la chronique d’un bonheur familial, l’observation minutieuse de la nature et de ses petits et grands mystères. Et puis, bien sûr, comment résister au style sensuel de cette conteuse espiègle, qui savait si bien jouir de la vie ?

Sinon, dans un style totalement différent, plutôt du genre polar puissant et glaçant, on peut s’immerger dans Enfant 44, de Tom Rob Smith. Un héros de la police soviétique à la recherche d’un serial killer se débat seul contre tous au sein de la Russie post-stalinienne. Scènes de poursuites dans la neige et d’évasion par le trou des toilettes assurées. (Blague à part, c’est un excellent roman policier).

Et si le temps manque, rien de tel que de se replonger dans un bon classique… de cuisine : Je veux du chocolat. Personnellement, dès les premières images, le moral remonte aussi sec.

    Liste des ouvrages :

  • La Maison de Claudine, Colette.
  • Enfant 44, Tom Rob Smith
  • Je veux du chocolat ! Trish Deseine